Pourquoi choisir un cautionnement simple ?
Dans un cautionnement simple, le garant s’engage à payer les dettes locatives du locataire, mais uniquement en second rideau : le bailleur doit d’abord tenter de recouvrer sa créance auprès du locataire lui-même. Ce n’est qu’après l’échec de ces poursuites que la caution peut être appelée à payer.
Ce mécanisme est moins favorable au bailleur que le cautionnement solidaire, et c’est pourquoi il est plus rare en pratique. Il conserve pourtant son utilité : certains garants - souvent des proches prudents ou des personnes déjà engagées ailleurs - n’acceptent de signer qu’à cette condition. Un cautionnement simple bien rédigé vaut toujours mieux qu’une absence totale de garantie, notamment pour un dossier locataire correct mais un peu juste.
Comme le cautionnement solidaire, il est régi par l’article 22-1 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 et, pour ses règles de forme, par le Code civil réformé en 2022.
Bénéfice de discussion et bénéfice de division : les deux protections du garant
Ces deux notions font toute la différence avec la caution solidaire, qui y renonce expressément :
- Le bénéfice de discussion permet à la caution simple d’exiger que vous poursuiviez d’abord le locataire sur ses biens. Vous devrez démontrer que ces poursuites ont échoué (insolvabilité, saisie infructueuse) avant de pouvoir obtenir paiement du garant.
- Le bénéfice de division joue lorsqu’il existe plusieurs cautions simples pour le même bail : chacune peut exiger que la dette soit répartie entre toutes les cautions solvables, et ne payer que sa quote-part.
Conséquence concrète pour vous : le recouvrement est plus long et plus procédural qu’avec une caution solidaire. Anticipez-le dans votre gestion en réagissant dès le premier retard de paiement, sans attendre que la dette s’accumule.
Les mentions à ne pas oublier dans l’acte
Les règles de validité sont identiques quelle que soit la nature du cautionnement. Votre acte de cautionnement simple doit comporter :
- l’identité du bailleur, du locataire et de la caution, ainsi que la désignation du logement ;
- le montant du loyer et ses conditions de révision reproduits depuis le bail ;
- une mention apposée par la caution elle-même, exprimant qu’elle comprend la nature et l’étendue de son engagement, avec le montant garanti ; depuis la réforme du droit des sûretés de 2022, cette mention n’a plus à être manuscrite au sens strict et peut être dactylographiée ;
- la durée de l’engagement - à défaut de durée déterminée, la caution peut résilier unilatéralement, avec effet à la fin du bail en cours ;
- la précision, essentielle ici, que le cautionnement est simple et non solidaire.
Vous devez également remettre un exemplaire du contrat de location à la caution, comme l’exige l’article 22-1.
Les faux pas fréquents des bailleurs
Confondre les deux régimes dans un même acte. Un acte intitulé « cautionnement solidaire » mais dont les clauses décrivent un engagement simple (ou l’inverse) crée une ambiguïté qui profitera au garant en cas de litige. Notre modèle lève toute équivoque.
Appeler la caution simple dès le premier impayé. Sans avoir d’abord poursuivi le locataire, votre demande se heurtera au bénéfice de discussion. Commencez par relancer puis mettre en demeure le locataire, et documentez chaque étape.
Exiger un cautionnement en plus d’une assurance loyers impayés. L’interdiction de cumul posée par l’article 22-1 s’applique au cautionnement simple comme au solidaire, avec la même exception pour les locataires étudiants ou apprentis.
Négliger la solvabilité du garant. Une caution simple insolvable ne sert à rien, puisque c’est précisément après l’échec des poursuites contre le locataire qu’elle intervient. Vérifiez ses revenus avec les pièces que le décret de 2015 vous autorise à demander.
Utiliser le modèle pas à pas
- Recevez le document par e-mail en le téléchargeant gratuitement depuis cette page.
- Personnalisez l’acte : coordonnées des parties, référence du bail, loyer et clause de révision, plafond et durée de l’engagement.
- Faites signer le garant, qui appose lui-même la mention exprimant son engagement, et remettez-lui un exemplaire du bail contre récépissé.
- Classez l’acte avec le dossier de location et conservez-le pendant toute la durée du bail, puis 3 ans après son terme.
En centralisant vos baux, garanties et paiements dans Strova, vous savez immédiatement quel logement est couvert par quelle garantie - et le suivi automatique des loyers vous permet d’agir vite, condition indispensable pour qu’une caution simple reste une protection réelle.